La tour Eiffel pendant l'expo


La Tour Eiffel a été pendant toute la durée de l'Exposition universelle de 1889 la grande attraction, l'objet de l'attirance générale, le but de tous les visiteurs, le clou, comme dit "le Parisien" dans son argot expressif et comparatif, le clou de la célébration pacifique du premier centenaire de la Révolution française. Chaque matin un coup de canon tiré de la seconde plate-forme, annonçait l'ouverture des portes, et chaque soir un nouveau coup prévenait de la fermeture des galeries. Le soir, le phare s'allumait et de puissantes projections de lumière électrique étaient dirigées de la cinquième plate-forme à 280 mètres, sur les palais et les monuments du Champ-de-Mars, tandis que la Tour elle-même flamboyait de bas en haut et de haut en bas sous l'action des milliers de lampes, de becs de gaz et des feux de bengale placés de tous les côtés. Spectacle féerique, inoubliable, digne de la splendeur des plus éblouissantes descriptions des Contes des Mille et une nuits !


Les restaurants

On se souvient de ces restaurants du premier étage qui ont rassasié des milliers d'estomacs, pendant que les yeux enveloppaient l'étendue. L'appétit semblait avoir grandi avec l'élévation. C'était le restaurant Brébant, se composant de deux grands salons, d'un petit salon et de deux cabinets. Le style Louis XV était très joli. Les terrasses extérieures donnaient sur les jardins. Le panorama était admirable. C'était le restaurant d'Alsace-Lorraine, dirigé par M. Boll et servi par des femmes en costume alsacien et en costume lorrain. C'était le restaurant russe, regardant Paris, avec ses servantes moscovites, commandées par M. G. Roffestin, et qui versaient avec tant de bonne humeur aux visiteurs altérés la bière lorraine de MM. Tourlel frères, brasseurs à Tantonville, près Nancy. — Délicate attention de la Russie envers la France. Puis c'était encore le restaurant anglo-américain, faisant face au Point-du Jour, avec sa salle unique et immense, exploité par MM. Spiers et Pond, de Londres. Puis des bancs, des kiosques, des boutiques, d'élégants chalets, des pâtisseries, des buvettes.

C'est dans les grands restaurants que pendant la durée de l'Exposition universelle ont eu lieu tous les banquets officiels et toutes les cérémonies ayant un caractère solennel.


Le prix de la montée en 1889

C'est le 15 mai 1889, six semaines après son arrivée à la hauteur annoncée de 300 mètres, que la Tour Eiffel a ouvert ses escaliers au public. Le fonctionnement définitif des ascenseurs a eu lieu le 15 juin et s'est continué avec succès sous la surveillance générale de M. Millorat, ancien chef des treuils pendant la construction. D après le cahier des charges de l'entreprise, le concessionnaire de ce service s'était obligé statutairement à élever 2 356 personnes par heure à la première plate-forme et 750 par heure au sommet. Le tarif des ascensions était fixé à 2 francs pour le premier étage, à 3 francs pour le deuxième et à 5 francs pour le sommet.

Contrairement à ce qui se passe ordinairement, les prix étaient plus faibles les dimanches : c'était 1 franc jusqu'à la première plate-forme, 1,50 francs jusqu'à la seconde, 2 francs jusqu'au sommet, mais ce tarif n'était appliqué que de 11 heures du matin à 6 heures du soir. Pour le contrôle ou, pour être plus précis, pour la prise des billets, l'administration a fait ouvrir à cet effet 16 guichets : 10 au rez-de chaussée, 4 à la première plate-forme et 2 à la deuxième. On y délivrait des tickets rouges pour la première plate-forme, blancs pour la seconde et bleus pour le sommet.

La personne à destination de la première plate-forme remettait son ticket, rouge à l'arrivée. N'en ayant plus, elle ne pouvait monter plus haut que si elle achetait un second ticket — le blanc qui servait entre la première et la seconde plate-forme. Enfin, pour monter au sommet, il fallait acheter un ticket bleu, couleur du ciel. Total : cinq francs.

Et les piétons ? Ceux que les ascenseurs effrayaient ou impressionnaient avaient à leur disposition deux escaliers confortables pour le service de la première plate-forme. Celui du pied n° 4 pour monter et celui du pied n° 2 pour descendre. Ils en avaient quatre à leur disposition entre la première et la seconde plate-forme, deux pour l'ascension et deux pour la descente. Que l'on monte à pied ou en ascenseur, c'était le même prix, et les tickets étaient pareils. Si bien que les tickets une fois pris, pour le sommet par exemple, on pouvait varier ses plaisirs en faisant une partie du trajet d'une façon et l'autre d'une autre façon. Quelques personnes avaient critiqué l'égalité du prix adoptée pour les deux modes d'ascension, en disant que la personne à pied aurait dû payer moins cher que celle qui se sert des ascenseurs. Mais on avait voulu simplifier, à l'époque, pour éviter des complications de vente et de contrôle. Le nombre de visiteurs pendant la période de l'Exposition universelle, a été de plusieurs millions.



Voir aussi :

. Symbolisme de la tour Eiffel

. Médailles commémoratives


La tour Eiffel

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