Téléphotographie à partir de la tour Eiffel


La téléphotographie est un procédé de photographie des objets éloignés à l'aide d'un téléobjectif et, par extension, c'est ainsi que l'on nomme le cliché pris selon ce procédé. De nos jours, c'est tout simplement un appareil photo équipé d'un zoom, mais à la fin du XIXe siècle, c'était moins simple à réaliser qu'il n'y parait.

Des expériences de téléphotographie ont été faites en 1896 de la terrasse de la 3e plate-forme par M. le capitaine du Génie, M. V. Bouttieaux, adjoint au chef du matériel du Génie à Versailles, qui a publié les plus intéressants Mémoires sur la Téléphotographie en ballon (Revue de l'Aéronautique, 1894). Mr le capitaine Bouttieaux a bien voulu remettre quelques-uns de ses clichés, dont deux sont reproduits ci-dessous. Cette personne a joint une note sommaire sur ses procédés opératoires qui sont reproduits ici. Ce qu'il en ressort, c'est que le procédé photographique est plutôt bon, mais qu'il doit rester dans plage de conditions assez restreintes : Pas de vents significatifs, pas de photographies au-delà de 5 Kms, etc.

Vue de la tour Eiffel : La cathédrale Notre Dame

Vue de la tour Eiffel : La cathédrale Notre Dame

Vue de la tour Eiffel : Le Panthéon

Vue de la tour Eiffel : Le Panthéon

« Ces expériences ont comporté deux séries distinctes :

1. Photographies instantanées, exécutées avec des appareils étudiés pour la photographie en ballon (obturateur ayant une vitesse du centième de seconde). Les épreuves de Montmartre et de la Concorde donnent des échantillons des résultats obtenus; les clichés sont extrêmement nets, avec l'objectif de 1 m de foyer, et peuvent être agrandis jusqu'à 40 et 50 fois.

2. Photographies posées avec des objectifs à long foyer et des téléobjectifs. Il est indispensable dans ce cas, pour obtenir le plus de netteté possible, d'employer des plaques ortho-chromatiques et un écran jaune. Les objectifs de 1 m de foyer, dans ces conditions, nécessitent une pose de 8 à 10 secondes avec un diaphragme de la netteté peut être conservée avec ce temps de pose, lorsqu'il y a peu de vent. Néanmoins, les clichés ne sont jamais aussi nets que dans la première série, à cause des vibrations de la Tour. Lorsqu'il y a du vent, il est impossible de songer à obtenir des photographies posées, les balancements de la Tour donnent du flou aux épreuves.

Voici pour les objectifs à long foyer. Quant aux téléobjectifs à fort grossissement, ils nécessitent des temps de pose atteignant une et deux minutes et leur emploi n'est possible que par vent nul; encore, dans ce cas, le mouvement des ascenseurs apporte-t-il une certaine vibration qui ôte de la netteté aux clichés. Il résulte des faits ci-dessus que dans le cas d'un observatoire métallique comme la Tour, il convient pour la photographie à grande distance :

  • 1er D'employer les objectifs à long foyer (1 m de distance focale)
  • 2e De faire usage de plaques orthochromatiques avec écran jaune lorsque le vent est faible (épreuves posées)
  • 3e De faire uniquement de l'instantané dès qu'il y a un vent notable

Le 6 octobre 1896, jour de l'arrivée du Tsar à Paris, les clichés posés étaient flous, alors que des instantanés sont parfaitement détaillés. Comme distances, il est difficile, à moins de temps exceptionnels, de dépasser 4 ou 5 km ; l'heure la plus favorable est toujours vers la fin de l'après-midi. »

Ainsi se termine ce compte-rendu sur l'utilisation de la tour Eiffel dans le cadre d'une expérience de téléphotographie.



Voir aussi :

. Phénomènes naturels sur la tour Eiffel

. Description de la tour Eiffel


La tour Eiffel


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